Comment est réalisée la radiothérapie ? Quelle est la durée totale du traitement ?

Lors de la première consultation, le médecin spécialiste radiothérapeute vous explique le principe du traitement, sa durée, le rythme des séances et les effets indésirables possibles.

Plusieurs étapes préalables au traitement proprement dit sont nécessaires à la réalisation de celui-ci : choix de la position de traitement (allongé sur le dos, bras croisés sur la poitrine), scanner de repérage, vérification sous la machine de traitement. Tous ces points techniques sont détaillés dans la rubrique Traitement Radiothérapeutique du site.

Au terme de cette préparation, des dessins sont tracés sur la peau de votre bassin. Ces repères, indispensables pour votre traitement, ne doivent pas être effacés lors de la toilette ni retracés par vous même.


Le traitement par radiothérapie comporte plusieurs séances successives. Elles sont réalisées par des technicien(nes) en radiothérapie. A chaque séance, le(la) technicien(ne) vous installe sur la table de traitement de l'accélérateur puis effectue les vérifications requises. Votre temps de présence dans le service de radiothérapie est de l'ordre d'une demi-heure.

Lors de la radiothérapie proprement dite, vous êtes seul(e) dans la salle de traitement, sous surveillance audiovisuelle.
Le traitement lui même dure une minute environ et est indolore. Il importe que vous restiez le plus immobile possible pour une qualité optimale de votre traitement. Il importe que votre vessie soit vide avant chaque séance de radiothérapie.

 

Durée totale de traitement :

L’équipe de radiothérapie de l’HEGP a développé un protocole de traitement, en règle simple bien toléré même chez les patients fragiles et reconnu sur le plan scientifique. Dans ses modalités pratiques, ce protocole de traitement  appelé IHF 2SQ (irradiation hypofractionnée avec 2 séances quotidiennes) diffère de ce qui peut vous être proposé dans d’autres centres mais les bases rationnelles et médicales sont les mêmes.

 

Le traitement se déroule en 4 phases successives :

1. Premier temps : Radiochimiothérapie

Elle comporte 2 séries de 3 jours de traitement :

  •     jour 1 : 2 séances de radiothérapie, l’une le matin, l’autre l’après-midi espacées de 6 heures au moins. La radiothérapie concerne la vessie et les ganglions du bassin. L’une des 2 séances est précédée de l’administration d’une chimiothérapie.

Les médicaments de chimiothérapie choisis sont dit radiosensibilisants et ont pour but d’augmenter l'efficacité de la radiothérapie. Les plus fréquemment utilisés sont les sels de platine et le 5 fluorouracile. Ils sont administrés par voie intraveineuse. Le traitement de chimiothérapie peut nécessiter une hospitalisation ou bien être réalisable en hôpital de jour.
Votre médecin oncologue radiothérapeute vous en précisera les modalités et les effets indésirables potentiels, ce traitement étant adapté à chaque cas particulier. Enfin, certaines conditions de santé peuvent constituer une contre-indication à l'administration de cette chimiothérapie : trop grande fatigue, atteinte cardiaque ou rénale …

  •     jour 2 : chimiothérapie exclusive identique à celle du jour 1
  •     jour 3 : identique au jour 1

La deuxième série de traitement est identique à la première. Elle est réalisée les jours 15, 16 et 17.

 

2. Deuxième temps : contrôle cystoscopique

Une vérification de l’efficacité du traitement est effectuée par le biais d’un scanner abdomino pelvien et d’une cystoscopie de contrôle par votre urologue, 5 à 6 semaines après la fin de la radiochimiothérapie. De nouveaux prélèvements son systématiquement réalisés pour vérifier la disparition de la tumeur.

Si une chirurgie n'est pas réalisable, cette étape de contrôle n'est pas faite et le traitement passe directement au troisième temps.

 

3. Troisième temps : complément de radiochimiothérapie ou chirurgie

    la tumeur n’a pas complètement disparu : la chirurgie DOIT être impérativement rediscutée, car la tumeur est peu sensible aux rayons et à la chimiothérapie ; elle a peu de chances d’être éradiquée par la poursuite de ce traitement.
    La tumeur a disparu : la tumeur est sensible aux rayons et à la chimiothérapie ; elle a des chances d’être éradiquée par la poursuite de ce traitement.

Un complément de radiochimiothérapie va donc être réalisée selon les mêmes modalités logistiques que précédemment, une dizaine de jours après la cystoscopie de contrôle (7 à 8 semaines après la dernière séance de radiothérapie déjà effectuée). Les doses de radiothérapie sont plus faibles et seule la vessie est traitée.

  •     jour 1 : 2 séances de radiothérapie, l’une le matin, l’autre l’après-midi espacées de 6 heures au moins. L’une des 2 séances est précédée de l’administration d’une chimiothérapie.
  •     jour 2 : chimiothérapie exclusive identique à celle du jour 1
  •     jour 3 : identique au jour 1

Même si plus aucune tumeur n’est visible lors du contrôle cystoscopique, le complément de radiochimiothérapie est indispensable, pour limiter le risque de récidive.

 

4. Surveillance

Le traitement par radiochimiothérapie pour cancer de vessie nécessite une surveillance par cystoscopie très régulière au moins 3 fois par an les premières années puis biannuelle de façon très prolongée. Cette surveillance est effectuée conjointement par votre urologue et votre oncologue radiothérapeute.